L’hypothèse d’une autorisation partielle de Huawei sur les réseaux 5G français semble bien se vérifier. Alors que le sort du constructeur chinois avait été placé entre les mains de l’ANSSI et de Matignon, le cybergendarme vient de prendre position dans ce dossier très attendu par les opérateurs Bouygues Telecom et SFR, tous deux partenaires historiques de la firme de Shenzhen.
Huawei devrait ainsi faire l’objet d’une autorisation partielle sur le marché français, comme l’a indiqué ce week-end le patron de l’ANSSI Guillaume Poupard dans les colonnes des « Echos ».
“Ce que je peux dire, c’est qu’il n’y aura pas un bannissement total”, a
fait savoir ce dernier. La porte n’est toutefois pas totalement ouverte
pour Huawei, loin de là. L’ANSSI devrait ainsi être particulièrement
vigilante dans ce dossier hautement politique. « Il y aura des refus », a
ainsi affirmé Guillaume Poupard, précisant que ceux-ci ne concerneront
pas les deux constructeurs européens Nokia et Ericsson et devraient bien
concerner Huawei, Samsung et ZTE étant moins présents sur le marché
français en temps qu’équipementiers réseaux.
Alors que Bouygues Telecom et SFR font le forcing pour arracher l’autorisation de continuer à utiliser la technologie de Huawei pour leurs réseaux 5G, les autorités souhaitent les inciter à passer sous pavillon européen. “Les opérateurs qui n’utilisent pas Huawei, nous les incitons à ne pas y
aller car c’est un peu le sens naturel des choses. Ceux qui l’utilisent
déjà, nous délivrons des autorisations dont la durée varie entre trois
et huit ans”, a expliqué Guillaume Poupard, allant dans le sens d’une autorisation temporaire pour les réseaux équipés par Huawei.
Premières réponses la semaine prochaine
Pour autant, « l’objectif n’est évidemment pas de tuer » Bouygues Telecom et SFR, s’est défendu Guillaume Poupard. « La vraie question en cas de refus [de Huawei], c’est comment on rend cette décision absorbables par les opérateurs », explique ce dernier qui semble aujourd’hui opter pour la méthode douce afin de faire pivoter l’ensemble des acteurs vers des solutions européennes.
Pas question pour autant de se faire taxer de favoritisme. « Nous ne sommes pas dans du ‘Huawei bashing’, ni dans du racisme antichinois », s’est ainsi défendu Guillaume Poupard. « Nous disons juste que le risque n’est pas le même avec des équipementiers européens, qu’avec des non-européens. Il ne faut pas se mentir », a toutefois reconnu ce dernier.
Reste désormais à savoir sur quels équipements pourraient porter les refus du cybergendarme français, qui n’a pas précisé si ceux-ci porteront uniquement sur des équipements de coeurs de réseaux, équipés de logiciels traitant de données sensibles dont celles des usagers, ou également sur les antennes, qui présentent moins de risques en termes de sécurité.
Les premiers éléments de réponse devraient être rendus publics à compter de la semaine prochaine. « A partir de la semaine prochaine, certains opérateurs qui n’auraient
pas reçu de réponse peuvent considérer que c’est un refus, conformément à
ce que prévoit la loi », a ainsi expliqué Guillaume Poupard, qui pourrait signer là l’un des grands tournants de ce feuilleton de longue haleine pour le secteur des telcos.
Rappelons que le Parlement a adopté en juillet dernier une loi destinée à sécuriser les réseaux 5G.
Celle-ci prévoit un « régime d’autorisation préalable, fondé sur des
motifs de défense et sécurité nationale, des équipements de réseaux »
pour tous les appareils installés depuis le 1er février 2019 en France. Celle-ci
soumet de fait la présence de tel ou tel équipement ou de tel ou tel
logiciel sur les réseaux mobile de nouvelle génération à une
autorisation préalable délivrée par Matignon dans un délai de deux mois
sur la base d’une recommandation de l’ANSSI, sur laquelle repose donc le réglement de cet épineux « cas Huawei ».
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